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Portrait de Ève Désilets Ève
Désilets
Unité 02 — Casillas Gamboa Supervisée par Anabelle Tougas
Apercu de la planche de vernissage

La maison du lin

(Re)visiter le patrimoine d'un geste entre féminité et domesticité

Longtemps, la confection textile a structuré la vie rurale québécoise, portée par le lin cultivé, transformé et tissé grâce au savoir patient des femmes. Pourtant, celles qui façonnaient la « toile du pays », piliers silencieux de la domesticité, sont restées en marge des récits historiques. Cet essai-projet s'inscrit dans l'exploration de cette pratique à une période charnière, soit celle où la production textile se confectionnait encore au foyer.

(Re)visiter la maison permet de saisir la tension et l'ambivalence qui l'habite ; entre contrainte et protection. Elle est ainsi explorée comme lieu de création et de production, déployé à travers différents fragments d'espace : la chambre, le seuil, le jardin et l'atelier. S'intéresser à ces femmes, dont les parcours ont souvent été invisibilisés, revient à explorer la maison comme une cartographie vivante, à retracer les « lieux » et « non-lieux » de production.

Le projet articule une logique du faire et d'émancipation du textile au-delà du cadre utilitaire, tout en exposant matière et gestes. Il devient un pivot qui encapsule le champ tel un jardin, valorisant soin, mouvement et interactions. Le temps, saisonnier, clôture les gestes dans l'architecture.

Le projet architectural s'est ainsi inscrit dans une volonté de matérialiser ces réflexions en proposant une relecture spatiale des relations entre production, domesticité et territoire. Il ne s'agissait pas de reconstituer un modèle passé, mais bien de donner forme à des dynamiques historiques et sociales, en rendant visibles des pratiques et des savoir-faire marginalisés. Situé à Kamouraska, en bordure du fleuve Saint-Laurent, le projet tente de réactiver un héritage textile lié à la culture du lin, autrefois structurant pour la vie rurale mais aujourd'hui disparu.